Selon une enquête publiée par Le Figaro, la section football de l’Association sportive fontenaisienne (ASF), à Fontenay-aux-Roses, figure parmi les structures sportives identifiées par le ministère de l’Intérieur comme présentant des liens avec des mouvances séparatistes. Un rapport officiel faisait état, dès ces dernières années, de plus d’une centaine d’associations sportives en France où dirigeants ou entraîneurs adopteraient des comportements prosélytes et encourageraient des pratiques religieuses dans le cadre sportif.
Le club des Hauts-de-Seine avait déjà été confronté à ces difficultés en 2017, au point de fermer temporairement ses équipes seniors afin, selon ses dirigeants de l’époque, de « reprendre le contrôle » sur son fonctionnement.
Prières sur le terrain et dans les vestiaires
D’après plusieurs témoignages recueillis par le quotidien, des prières auraient été observées à différentes reprises sur le stade du Panorama, principal lieu d’entraînement du club, ainsi que dans les vestiaires. Ces pratiques auraient fait l’objet de signalements auprès de la mairie et des services de l’État.
Des agents du renseignement territorial auraient également procédé à des auditions de riverains et d’acteurs locaux afin d’établir d’éventuels liens entre certains encadrants sportifs et des lieux de culte de la commune.
Accusations de prosélytisme auprès des jeunes joueurs
Un parent d’enfant licencié au club affirme que des consignes religieuses auraient été imposées lors de déplacements sportifs, notamment sur la composition des repas. Selon ce témoignage, certains produits alimentaires auraient été jetés car non conformes à des prescriptions religieuses.
Toujours d’après cette source, des usages comme l’obligation de saluer en arabe ou l’exigence de nourriture halal lors d’événements conviviaux seraient devenus courants au sein de certaines équipes.
Une direction qui conteste
Interrogé par Le Figaro, le président de la section football, Mehdi C., conteste l’existence de tels comportements et affirme n’avoir constaté aucun prosélytisme au sein du club. Il reconnaît cependant la pratique religieuse stricte de certains entraîneurs, sans la juger incompatible avec leurs fonctions sportives.
Le cas d’un entraîneur proposant des séances de « hijama », une méthode traditionnelle de saignée, à des joueurs est également évoqué par plusieurs sources internes.
La disparition progressive du football féminin
Autre point relevé par l’enquête : l’absence actuelle d’équipe féminine au sein de la section football. Officiellement, cette situation serait liée à des difficultés logistiques et à des problèmes de sécurité invoqués par les dirigeants.
Une ancienne présidente de la section aurait toutefois quitté ses fonctions après des tensions avec certains entraîneurs, évoquant des pressions et des menaces. Une main courante aurait été déposée à l’époque.
Des affaires judiciaires en toile de fond
Le club a également été touché par plusieurs affaires pénales. En octobre 2025, un entraîneur a été mis en examen pour viol et placé en détention provisoire. Un autre encadrant a été écarté quelques semaines plus tard après la découverte d’antécédents judiciaires non déclarés.
Par ailleurs, un ancien stagiaire affirme avoir subi des menaces graves de la part d’un responsable du club, ce que ce dernier dément formellement.
Un dossier désormais politique
À l’approche des élections municipales, la situation de l’ASF est devenue un sujet de débat local. Le président de la section football figure désormais sur une liste d’opposition au maire sortant, ajoutant une dimension politique à une affaire déjà sensible.
Pour les services de l’État comme pour la municipalité, ce dossier illustre les difficultés à faire respecter strictement le principe de neutralité dans certaines structures sportives locales.
Le cas de Fontenay-aux-Roses s’ajoute ainsi à une série de situations similaires observées ces dernières années dans le sport amateur français.
