La Marine nationale pourrait recevoir avec environ un an d’avance le dernier exemplaire de la classe Barracuda, un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) construit par Naval Group, d’après les informations rapportées par la Direction générale de l’Armement (DGA). Initialement programmée pour 2030, la livraison serait avancée à 2029.
La classe Barracuda et son rôle
Les SNA de la classe Barracuda remplacent progressivement les anciens submersibles de la classe Rubis, en service depuis les années 1980. Deux d’entre eux, le Suffren et le Duguay-Trouin, ont déjà intégré la flotte française respectivement en novembre 2020 et août 2023. Un troisième, le Tourville, a suivi en novembre 2024.
Ces sous-marins dotés d’une propulsion nucléaire servent à des missions variées : soutien de la Force océanique stratégique (FOST), collecte de renseignement, accompagnement du porte-avions Charles de Gaulle, lutte anti-sous-marine et antinavire.
Avancées techniques et capacités
La classe Barracuda présente plusieurs améliorations importantes par rapport à la classe Rubis :
- une autonomie accrue d’environ 70 jours,
- des capacités de projection de nageurs de combat,
- l’armement avec des torpilles F21, des missiles antinavires SM39 modernisés et des missiles de croisière naval (MdCN) d’une portée jusqu’à 1 000 km,
- un mât optronique non pénétrant plus discret et performant.
Ces évolutions renforcent la polyvalence des submersibles dans les missions de défense et de dissuasion.
Avancement de la production
Selon les informations publiées par la DGA, les étapes de construction des Barracuda font preuve d’une marge industrielle favorable. Avec l’expérience acquise sur les premiers bâtiments de la série, les unités suivantes bénéficient de gains d’efficacité.
Après le Tourville, le quatrième submersible de la série, De Grasse, a vu son réacteur nucléaire mis en marche en décembre dernier et devrait commencer ses essais en mer au premier semestre 2026.
Noms et héritage historique
Les nouveaux SNA perpétuent une tradition de dénominations : le cinquième portera le nom Rubis, en hommage à la classe qu’il remplace. Le dernier exemplaire de la série devrait s’appeler Casabianca, un nom déjà porté par un sous-marin français célèbre pour son évasion lors du sabordage de Toulon en 1942 et sa participation à la libération de la Corse.
Difficultés à l’export
À l’international, le programme Barracuda n’a pas connu le succès espéré sur tous les fronts. Un contrat majeur avec l’Australie, portant sur plusieurs sous-marins de type Barracuda (« Attack »), a été annulé en 2021, l’Australie choisissant des modèles américains de classe Virginia dans le cadre de l’alliance AUKUS.
Naval Group s’est toutefois vu confier une commande des Pays-Bas pour la construction de quatre sous-marins Barracuda en version conventionnelle, dont les livraisons sont prévues entre 2034 et 2039.
Un maillon fort de la défense navale française
Ce possible avancement de la livraison du dernier sous-marin Barracuda illustre la progression du programme et renforce les capacités opérationnelles de la Marine nationale. Avec six unités en neuf ans, la flotte moderne de SNA devrait être pleinement opérationnelle bien avant les échéances initiales.
La Marine nationale pourrait ainsi compter sur une capacité accrue de projection et de surveillance dans les années à venir, tout en consolidant un savoir-faire industriel essentiel pour la défense nationale.
Cette livraison anticipée témoigne à la fois d’un rythme de construction soutenu et d’une confiance accrue dans l’exécution du programme Barracuda par l’industrie naval française.
