La Guyane française est-elle menacée d’une annexion par les États-Unis ?

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Les Renseignements américains n’auront pas manqué d’informer leur exécutif : il existe, quelque part en Amérique, un trésor français que la France n’exploite pas.

La Guyane française occupe une place singulière dans l’espace sud-américain. Région ultrapériphérique de l’Union européenne, territoire français à part entière, elle appartient pourtant à un ensemble géologique d’une importance majeure : le plateau des Guyanes. Cette formation précambrienne, vieille d’environ deux milliards d’années, s’étend sur près de 1,8 million de kilomètres carrés et englobe le Venezuela, le Guyana, le Suriname, la Guyane française ainsi qu’une partie du nord du Brésil.

Sur le plan géologique, les frontières politiques n’ont aucune pertinence : ce que recèle le sous-sol vénézuélien se retrouve ailleurs sur ce même socle, y compris en Guyane française.

Le plateau des Guyanes, une immense richesse

Le plateau des Guyanes est reconnu par les géologues comme l’un des ensembles les plus riches de la planète en ressources minières et énergétiques. Or, tandis que certains États riverains ont fait le choix d’exploiter ce potentiel, la France a opté pour une politique de gel quasi total.

Le contraste est saisissant. À l’ouest, le Venezuela a bâti une partie de sa puissance économique sur l’exploitation de ses hydrocarbures. À l’est, le Guyana connaît depuis plusieurs années un essor spectaculaire grâce au pétrole offshore, au point de devenir l’un des pays à la croissance la plus rapide au monde. Le Suriname, de son côté, développe activement ses filières minières, notamment l’or et la bauxite.

Au centre de cet ensemble, la Guyane française reste figée.

Pétrole offshore : une découverte connue mais bloquée

Dès 2011, un gisement pétrolier offshore a été identifié au large de la Guyane française par le groupe Zaedyus. Cette découverte confirmait le potentiel énergétique de la zone, dans la continuité directe des bassins pétroliers voisins.

Pourtant, aucune exploitation n’a suivi. La raison est essentiellement politique et juridique : la loi dite « Hulot » interdit tout nouveau projet d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures sur le sol français, y compris en Guyane, malgré des contextes géographiques, économiques et stratégiques radicalement différents de ceux de la métropole.

Or, bauxite, métaux stratégiques : un inventaire déjà considérable

Le pétrole n’est qu’une partie de l’équation. La Guyane française dispose également de ressources minières connues et documentées.

Les réserves aurifères sont estimées à environ 200 tonnes en ressources primaires, auxquelles s’ajoute un potentiel alluvionnaire considérable. La bauxite est identifiée, notamment dans la région de la montagne de Kaw, sans exploitation industrielle à ce jour. Des gisements de kaolin ont été repérés à Charvein.

À cela s’ajoutent des métaux stratégiques dont la demande mondiale ne cesse de croître : lithium, étain et molybdène présents dans les pegmatites, niobium et tantale dont les minéralisations sont confirmées, cuivre, zinc et nickel associés aux formations de « roches vertes ». Des diamants ont également été identifiés dans certaines formations alluvionnaires.

Et il ne s’agit là que des réserves connues et étudiées.

Une singularité française au cœur d’un monde en compétition

La situation de la Guyane française apparaît d’autant plus paradoxale qu’elle est entourée de pays qui ont fait le choix inverse. Le Guyana développe une industrie pétrolière et minière à grande vitesse. Le Suriname structure ses filières extractives. Le Brésil exploite depuis longtemps les richesses de l’Amazonie légale.

La France, elle, dispose d’un territoire stratégique, riche, stable, juridiquement sécurisé, mais renonce volontairement à toute valorisation de ses ressources, y compris lorsque celles-ci pourraient relever d’intérêts économiques, industriels ou géopolitiques de long terme.

Dans un monde marqué par le retour des rapports de force, la sécurisation des approvisionnements énergétiques et miniers est redevenue centrale. Lithium, métaux rares, hydrocarbures : ces ressources conditionnent désormais l’indépendance industrielle et stratégique des États.

La Guyane française, par sa position et son sous-sol, constitue un atout majeur dont la France semble ne pas mesurer la portée, laissant prospérer l’idée qu’un territoire aussi riche puisse être durablement laissé en friche, sans vision ni stratégie.

Ignorer la Guyane, ce n’est pas protéger la nature, c’est renoncer à une part de souveraineté.

Imaginez si Donald Trump venait à entendre parler de ce trésor négligé…

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