Après la taxe Zucman, le braquage légalisé : le PS sort la matraque fiscale

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Il fallait oser. Après la taxe Zucman, déjà bien indigeste pour ceux qui travaillent et réussissent, voici désormais l’emprunt forcé. Le Parti socialiste, en perte de vitesse depuis des années, ressort un vieux mécanisme révolutionnaire comme on fouille dans un grenier poussiéreux à la recherche d’un gadget oublié. Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’augmenter les impôts : il s’agit de contraindre les foyers jugés « trop aisés » à prêter de l’argent à l’État, sans intérêt, et pour plusieurs années. Une manière élégante de dire : « Donnez-nous votre argent, et surtout ne demandez rien en retour. »

Selon les sénateurs socialistes, cette trouvaille ne serait ni une taxe ni un impôt. Ils parlent d’une « contribution exceptionnelle ». On connaît la chanson : ce qui commence par une exception finit toujours par devenir une règle. D’autant que les intéressés savent parfaitement que les déficits publics se creusent, que l’État cherche de nouvelles poches à fouiller, et que les technocrates n’ont jamais reculé devant une bonne idée pour ponctionner les mêmes personnes encore et encore.

Le plus savoureux dans cette histoire, c’est cette manière de présenter la mesure comme un geste patriotique. On glorifie des mécanismes qui rappellent Robespierre et les Montagnards, comme si la référence révolutionnaire pouvait justifier la brutalité de la méthode. La France de 2025 ne manque déjà pas de tensions : voilà qu’on ajoute une couche supplémentaire en désignant, pour la nième fois, les mêmes coupables commodes. À force d’inventer des expédients fiscaux, les socialistes donnent l’impression d’avoir renoncé à toute idée moderne de gestion, se réfugiant derrière des bricolages qui datent du temps des guillotines.

Pendant ce temps, le ministre de l’Économie balaie l’initiative d’un revers de la main, mais personne n’est dupe. Matignon et Solférino discutent, négocient, manœuvrent. Chacun sait que, dans cette étrange période où le budget n’est plus écrit par le gouvernement mais par le Parlement, les alliances opportunistes se multiplient. Le PS joue son va-tout, espérant arracher quelques concessions pour se donner un semblant d’utilité.

On remarque également un phénomène familier : ceux qui parlent de « justice fiscale » sont souvent ceux qui ne courent aucun risque personnel dans l’affaire. Ils rêvent d’un grand soir fiscal mais finissent toujours par frapper les mêmes catégories : entrepreneurs, cadres, professions libérales, héritiers d’un patrimoine qu’ils n’ont pas volé, bref tous ceux qui constituent encore une base solide pour le financement du pays. À force de les montrer du doigt, on fabrique une fracture supplémentaire, dangereuse, durable, profonde.

Si l’emprunt forcé voit le jour, il suffira de quelques années pour que le périmètre s’élargisse : après « les plus riches », on ciblera « les privilégiés », puis « les classes aisées », puis « ceux qui peuvent contribuer davantage ». Le discours est rodé. Il suffit d’écouter les débats au Sénat pour deviner le mécanisme : une mesure présentée comme exceptionnelle devient un outil permanent. Et la France, déjà l’un des pays les plus taxés au monde, plonge encore un peu plus profondément dans une logique de prédation fiscale.

Pendant ce temps, rien ne change sur les dépenses publiques, rien ne bouge sur les réformes, rien n’évolue dans les habitudes de l’État. On ne réfléchit pas à mieux dépenser : on préfère toujours prendre davantage à ceux qui produisent. La recette est vieille, éculée, mais on nous la ressert avec un sourire.

Les socialistes affirment vouloir « rester la gauche des solutions ». À force de bricoler des mécanismes aussi bancals, ils deviennent surtout la gauche des illusions. Ceux qui travaillent, investissent, entreprennent, eux, voient très clairement ce qui se prépare : un nouveau tour de vis. Encore un.

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