Dominique de Villepin est de retour. Pas à l’Assemblée, pas à Matignon, encore moins dans les urnes. Non : derrière un micro. Ce matin sur France Info, l’ancien premier ministre s’est offert un numéro dont il a le secret : un flot de verbe, un brin d’indignation théâtrale et des images assassines. Sa cible ? Sébastien Lecornu, le nouveau premier ministre.
« Il ne doit pas être le gentil toutou de Monsieur le Président », a craché Villepin, avant d’ajouter, moqueur : « On ne va pas jouer éternellement les petits garçons qui amusent le président, un verre de whisky à la main. » Tout est dit : Lecornu serait un amuseur de salon, un page docile chargé de distraire Macron entre deux confidences.
On reconnaît bien là l’ancien ministre de Chirac : toujours prêt à monter sur ses ergots, plume en feu et ego gonflé. L’homme qui n’a jamais digéré d’avoir raté son destin présidentiel se pose désormais en conscience supérieure, dispensant ses leçons à ceux qui, eux, exercent réellement le pouvoir.
Mais au fond, qui est Villepin aujourd’hui ? Un septuagénaire qui se rêve en tribun gaullien alors qu’il n’est plus qu’un conférencier mondain. Son mouvement « La France humaniste » n’est qu’une coquille creuse, et ses « coups de gueule » servent surtout à lui assurer quelques minutes d’antenne.
Sébastien Lecornu, quoi qu’on pense de lui, a au moins un mandat réel, une fonction concrète, un pays à gérer. Villepin, lui, n’a plus que ses métaphores et ses rancunes. S’il s’acharne sur Lecornu, ce n’est pas parce que celui-ci serait un « petit garçon », mais parce que lui, Villepin, n’a plus rien d’autre que ce rôle de vieux tribun en mal d’applaudissements.
Bref, derrière les phrases ronflantes, c’est un parfum de règlement de comptes et d’amertume qui se dégage. Villepin n’a plus d’armée, plus de parti, plus de peuple. Alors il mord.
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