Fin septembre, 49,6 % des cours d’eau observés en France se trouvaient en rupture d’écoulement ou en assec, a indiqué mardi 13 octobre l’Office français de la biodiversité (OFB). Le constat porte sur 1 594 tronçons initiaux, les portions les plus proches des sources, qui apportent de 55 % à 70 % de l’eau des rivières en aval.
Ce taux n’avait jamais été relevé en quinze ans de suivi, quel que soit le mois. Il dépasse de vingt points le niveau enregistré fin août 2022, jusqu’ici le plus élevé.
« C’est la situation la plus grave qu’on ait constatée depuis 2012 et c’est surtout, et c’est ça qui nous inquiète, une situation qui s’étend dans le temps », a déclaré un responsable de l’OFB lors d’une conférence téléphonique.
La sécheresse persiste depuis plus de quatre mois sur les mêmes secteurs, une durée sans précédent depuis le début des observations. Contrairement à la stabilisation ou à l’amélioration habituellement constatées en septembre, la situation s’est encore dégradée depuis août, précise l’Office à partir des données de l’Observatoire national des étiages (ONDE).
L’OFB souligne que « l’ampleur, la précocité et la persistance de ces phénomènes témoignent d’un niveau de dégradation particulièrement élevé, susceptible d’entraîner des conséquences importantes sur les écosystèmes aquatiques ». Le responsable a également évoqué des hausses de température dans les cours d’eau, avec des effets sur la mortalité des espèces, leur capacité de reproduction à long terme et leurs déplacements.
L’ensemble des régions est concerné. Les points les plus critiques s’étendent le long d’un axe de la Vendée au Grand Est, où la dégradation se poursuit. Une aggravation est notée en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes. Dans les départements déjà les plus touchés fin août — la Creuse, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Vendée, les Ardennes, la Charente, la Loire, la Loire-Atlantique, la Haute-Marne et la Nièvre — aucune amélioration n’a été observée ; certains subissent même une nouvelle dégradation.


