À Lens, un élève de 15 ans a été grièvement blessé à la main lundi 5 octobre, au cours d’une manifestation liée au mouvement lycéen. D’après le préfet, une grenade lui a arraché la main. L’IGPN a ouvert une enquête.
Lundi matin, le ministère de l’Éducation nationale faisait état de 413 établissements perturbés, contre 564 vendredi à la même heure. L’enseignement à distance était assuré, pour des motifs de sécurité, dans 400 à 500 lycées.
Le mouvement, parti mi-septembre de la région parisienne, a entraîné, selon l’exécutif, 24 établissements « incendiés ou saccagés », 78 personnels de l’Éducation nationale blessés, « généralement par des personnes extérieures », et 5 000 interpellations, dont environ 85 % de mineurs, a indiqué le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Cinq enquêtes de l’IGPN restent ouvertes.
Mobilisation de mardi
L’Union syndicale lycéenne a annoncé pour mardi un « acte III ». Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à soutenir cette journée. Matignon juge que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines ».
Sur TF1 lundi matin, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a affirmé : « Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens, parce que nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis dix jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée ». Elle a ajouté : « On n’envoie pas les policiers pour déloger des lycéens et des lycéennes qui expriment des revendications ».
Dans une tribune à Libération, elle estime qu’« une démocratie ne peut pas confondre une mobilisation de jeunesse avec une menace à éradiquer ». La Ligue des droits de l’homme a dénoncé, lors d’une conférence de presse, « une dérive globale par rapport à l’État de droit ».
En visite dans un lycée de Guyancourt, dans les Yvelines, Édouard Geffray a déclaré : « Demain, il y a une journée de manifestations. C’est un acte de démocratie, j’allais dire sociale, classique et organisée. C’est une liberté qui se respecte et qui se protège. » Il a invité à préparer pour mercredi une reprise progressive des cours, avec « un temps (…) construit, banalisé avec les équipes, avec les élèves, pour objectiver les choses de la manière la plus lucide possible ».
Revendications et suite gouvernementale
Les lycéens demandent plus de moyens et dénoncent les classes surchargées, les absences d’enseignants non remplacées, l’état des bâtiments et le fonctionnement de Parcoursup. Le ministre a jugé qu’« une grande partie du mouvement (…) dit en réalité un désir d’école » et a évoqué des chantiers sur le bâti scolaire, le remplacement des professeurs, les rythmes et Parcoursup.
Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, La France insoumise a affirmé dimanche « déplorer » les violences, tout en regrettant que l’exécutif « résume » le mouvement à ces débordements.
Lundi, la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon a indiqué que le projet de loi dit « casseurs-payeurs », qui vise à faire payer les dégâts aux personnes appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, serait examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre. Dans une feuille de route adressée dimanche à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent « partout » où c’est possible. Il confie cinq chantiers issus des instances académiques de la vie lycéenne ; de premières décisions sont attendues d’ici la fin du mois.


