400 à 500 lycées fermés lundi avant l’acte III mardi

Sébastien Lecornu, Premier ministre, a transmis dimanche 4 octobre au soir à ses ministres une feuille de route visant la reprise des cours « partout » où c’est possible. À partir des préoccupations formulées par les conseils académiques de la vie lycéenne, cinq dossiers leur sont confiés, avec « de premières décisions attendues avant la fin du mois ».

Selon le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, qui s’est exprimé dimanche, les enseignements sont lundi 5 octobre « totalement ou partiellement » suspendus dans 400 à 500 établissements sur les 3 700 lycées du pays, là où les conditions de sécurité ne sont « pas réunies ». En Île-de-France, Valérie Pécresse, présidente LR de la région, indique que plus de 160 lycées sont fermés, soit plus d’un tiers des établissements.

Né à la mi-septembre en région parisienne, le mouvement a progressé la semaine dernière, rythmée par une série d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre. Le bilan avancé par l’exécutif, d’après M. Geffray, compte 5 000 interpellations — dont près de 85 % concernent des mineurs —, 24 établissements « incendiés ou saccagés » et « 78 personnels de l’Éducation nationale blessés », « généralement par des personnes extérieures » aux lycées concernés.

Un « acte III » est promis mardi par l’Union syndicale lycéenne. Une large intersyndicale de l’Éducation nationale a invité à prendre part aux mobilisations. La CGT a fait savoir qu’elle serait « aux côtés » des lycéens, notamment pour « sécuriser » les manifestations, et a convié les salariés de l’énergie déjà en grève à s’y joindre. Des appels à une « semaine noire » ainsi qu’à des blocages quotidiens ont également circulé sur les réseaux sociaux.

Matignon considère que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines ». De leur côté, plusieurs syndicats et associations, parmi lesquels la Ligue des droits de l’Homme, accusent le gouvernement de « réprimer » les lycéens avec une brutalité « disproportionnée », pour faire taire des revendications jugées « légitimes ».

Accusée par l’exécutif d’avoir attisé les tensions, La France insoumise a, par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, dit dimanche « déplorer » les violences, tout en regrettant que l’exécutif « résume » le mouvement à ces débordements. Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a estimé que si « tous les adultes descendent pour faire la solidarité avec les lycéens, la mobilisation se passerait mieux et peut-être que nous aurons aussi une meilleure prise en considération » de cette mobilisation « qui est digne ». Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, a invité enseignants, salariés et militants à soutenir les lycéens afin que « les revendications émergent plutôt que la violence ».

Comme lors des journées précédentes, les rassemblements sont en principe interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. À Nancy, selon la préfecture, les manifestations sont prohibées dans tout le centre-ville de lundi 6 heures à mercredi 7 heures.

Les lycéens demandent davantage de moyens pour leurs établissements. Ils mettent en cause les inégalités liées à Parcoursup, l’insalubrité des bâtiments, les absences non remplacées et des classes surchargées, en particulier dans les quartiers populaires.

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