2027 : Hollande croit encore à son destin… et c’est bien le problème

Illustration : LeJDF

Il fallait oser. Et François Hollande l’a fait. Avec un aplomb presque admirable, l’ancien chef de l’État explique tranquillement qu’il « se prépare » pour 2027. Rien de moins. Après avoir quitté l’Élysée dans un climat que l’on qualifiera poliment de… compliqué, le voilà qui envisage un retour comme si l’histoire s’était arrêtée en 2012.

La scène a quelque chose de fascinant : un homme qui a incarné l’un des quinquennats les plus contestés de la Ve République revient, non pas avec une remise en question profonde, mais avec une phrase simple — « j’ai déjà été président ». Voilà donc l’argument. Expérience, certes. Enthousiasme populaire, c’est une autre affaire.

Une mémoire politique à géométrie très variable

Dans cette tentative de résurrection, il y a un détail gênant : les Français ont de la mémoire. Et pas seulement sélective. Le chômage, les divisions internes, l’impuissance perçue face aux crises… tout cela n’a pas mystérieusement disparu avec le temps.

Mais peu importe. Dans cette logique, le passé devient une sorte de brouillard commode. On ne parle plus d’échec, mais d’« expérience ». On ne parle plus de rejet, mais de « responsabilité acquise ». Une gymnastique rhétorique qui frôle l’art contemporain.

La gauche en panne… et Hollande en solution ?

Le plus ironique reste ailleurs. Alors que la gauche peine à trouver une ligne claire, des idées fortes ou même un visage incontestable, la solution proposée serait… un ancien président déjà largement désavoué.

Autrement dit : faute de mieux, on recycle. Comme si la politique était une vieille garde-robe dans laquelle on ressort les costumes usés en espérant que personne ne remarque les trous.

Face à des figures plus jeunes, plus offensives — qu’on les apprécie ou non —, Hollande mise sur quoi ? Une forme de nostalgie ? Un retour du « père tranquille » ? Le problème, c’est que même cette image s’est fissurée depuis longtemps.

Une candidature qui dit tout d’un système à bout de souffle

Au fond, cette séquence dépasse la personne de Hollande. Elle révèle un paysage politique qui tourne en rond. Toujours les mêmes noms, les mêmes trajectoires, les mêmes illusions de retour.

Qu’un ancien président puisse sérieusement envisager de revenir sans véritable rupture, sans projet clairement renouvelé, en dit long sur l’état de la vie politique française.

Mais au fait, qu’en pense Leonarda ?

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