17 millions de Français en situation de précarité mobilité

Dix-sept millions de Français de plus de 18 ans sont en situation de « précarité mobilité », soit 37 % de la population majeure, d’après le baromètre bisannuel de l’association Wimoov (groupe SOS), réalisé par Ipsos BVA auprès de 13 400 personnes dans les treize régions de France hexagonale et en Corse, et publié le 17 septembre 2026.

Le total s’élevait à 15 millions en 2024 et à 13,3 millions en 2022. La précarité mobilité est définie comme l’absence de liberté de se déplacer comme on le souhaite ou le doit, ou l’obligation de renoncer à se déplacer.

La voiture demeure le mode de transport principal pour 72 % des Français, en hausse de quatre points par rapport à 2024, et pour 87 % des habitants des zones rurales.

Au cours des cinq dernières années, 10 % des personnes interrogées ont renoncé à un emploi ou à une formation faute de pouvoir s’y rendre ou en raison du prix des transports. Cette part atteint 26 % des demandeurs d’emploi, 20 % des habitants des quartiers populaires et 22 % des jeunes.

Wimoov affirme que « la mobilité est devenue un facteur de précarité et aggrave les inégalités socio-économiques et territoriales ». L’association ajoute : « Les difficultés de mobilité ne sont plus seulement la conséquence de la fragilité économique des ménages, elles en deviennent également une cause directe ». Elle souligne encore : « Faute de pouvoir absorber la hausse du coût des carburants, les ménages modestes sont de plus en plus conduits à arbitrer entre mobilités, alimentation, énergie, chauffage ou santé – voire de renoncer à certains de ces besoins essentiels ».

« La mobilité est un amplificateur de précarité », déclare Sébastien Bailleul, porte-parole de Wimoov.

Chez les 18-24 ans, 88 % se disent satisfaits de leurs possibilités de mobilité actuelles, mais près des trois quarts ont renoncé à un déplacement du quotidien dans les cinq dernières années, contre 40 % en moyenne nationale. Trente-six pour cent n’ont pas le permis, principalement pour des raisons de coût, et 62 % évitent fréquemment de se déplacer pour ne pas trop dépenser.

Le baromètre est soutenu par le ministère des Transports, l’Ademe, la SNCF, Keolis, la Macif et la fondation Mobivia.



Le Journal des Francais