À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le Rassemblement national se retrouve confronté à une difficulté récurrente : financer sa campagne. Le parti doit réunir environ 10,7 millions d’euros, correspondant au plafond maximal des dépenses remboursées par l’État après validation des comptes de campagne.
Ce montant constitue un enjeu stratégique, car il permet de mener une campagne nationale complète. Or, malgré l’échéance encore relativement éloignée, les responsables du parti reconnaissent que les recherches de financement n’ont, pour l’instant, pas abouti.
Des refus répétés des banques françaises
Le principal obstacle reste l’accès au crédit bancaire. Selon les dirigeants du RN, plusieurs établissements français ont décliné les demandes de prêt. Certaines banques, comme Société générale ou La Banque postale, ont indiqué ne plus financer la vie politique, quel que soit le candidat ou l’élection.
Jordan Bardella, président du parti, souligne que cette situation dure depuis plusieurs années et estime qu’elle place le RN dans une position particulière par rapport aux autres formations politiques. Le trésorier du mouvement évoque déjà des démarches en cours auprès d’établissements européens, faute de solution en France.
Un parti pourtant mieux doté financièrement
Paradoxalement, la situation financière globale du RN s’est améliorée depuis les dernières élections législatives. Avec près de 130 députés, le parti perçoit désormais environ 15 millions d’euros par an de financement public.
Ce niveau de ressources dépasse même le montant du prêt recherché pour la campagne présidentielle. Toutefois, ces fonds sont en grande partie affectés au remboursement de la dette du parti, qui s’élevait encore à environ 9 millions d’euros au début de l’année 2026.
Le précédent de 2022 toujours dans les esprits
La difficulté à obtenir un financement n’est pas nouvelle. Lors de la campagne présidentielle de 2022, Marine Le Pen avait rencontré les mêmes obstacles. Faute de soutien des banques françaises, elle avait finalement obtenu un prêt de 10,6 millions d’euros auprès d’une banque hongroise, à quelques semaines seulement du premier tour.
Cette situation avait fortement contraint le démarrage de sa campagne. Depuis 2017, la législation interdit en outre aux candidats d’emprunter auprès de banques situées hors de l’Union européenne, ce qui limite encore les options.
Des solutions alternatives encore insuffisantes
Pour compenser ces difficultés, le RN a recours à des emprunts auprès de ses sympathisants, une pratique qui a déjà permis de lever des fonds par le passé. Néanmoins, ces dispositifs restent complémentaires et ne remplacent pas un financement bancaire classique.
Le parti a également poursuivi ses efforts de désendettement. En 2023, il a notamment remboursé un ancien prêt contracté en 2014 auprès d’une banque tchéco-russe, souvent présenté comme un sujet politiquement sensible.
Une incertitude qui pèse sur la campagne à venir
À un an du scrutin, l’incertitude financière demeure donc un facteur déterminant pour le RN. Même si les sondages laissent entrevoir un score supérieur au seuil de 5 % — condition nécessaire pour bénéficier du remboursement public —, l’avance de trésorerie reste indispensable pour engager les dépenses de campagne.
La question du financement apparaît ainsi comme un enjeu structurel pour le parti, qui se répète à chaque échéance présidentielle et conditionne, en partie, sa capacité à mener campagne dans des conditions comparables à celles de ses concurrents.
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